Se préparer à la rupture énergétique

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Se préparer à la rupture énergétique

Message par Le Rat Musqué » sam. avr. 06, 2019 1:26 pm

Bonjour,

L'approche de la rupture énergétique pose une question : peut-on se préparer à celle-ci ?
Tout d'abord, notre réponse dépend de l'urgence. Celle-ci arrivera-t-elle demain, dans dix ans ou plus ?

Ces derniers temps, de nombreuses informations signalent une tension déjà amorcée, donc une rupture plus proche que prévue. Certes, celle-là opérera certainement par saccade, brisant le flux continu auquel on a été habitué. Il y aura encore du pétrole, mais pour qui ? En admettant qu'on en aura toujours une part (ce qui est loin d'être une certitude), celle-ci sera forcément restrictive et sporadique.

Alors, que faire. Peut-on se préparer individuellement à cela ? Le doit-on ? Comment, de quelle manière ?
Y avez-vous seulement réfléchi ?
Avez-vous des réponses ?

Nul doute que nos priorités seront la nourriture et la sécurité car le reste, on peut s'en passer.
Mais là, j'ai beau y réfléchir depuis de longs mois, je ne sais qu'en penser.



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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par SETI » sam. avr. 06, 2019 1:44 pm

On s'adaptera comme l'homme c'est toujours adapté, par contre ne pas oublier sans entrer dans la théorie du grand complot, que la rareté provoque la montée des prix et que certains ont tout intérêt à ce qu'on ne substitue pas tout trop tôt !

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par ben » sam. avr. 06, 2019 3:01 pm

Je pense qu'avant que ça ne fasse trop mal, nous allons optimiser notre consommation d'énergie. Le télétravail permet d'éliminer les deux déplacements quotidiens d'un grand nombre de personnes, ici la fonction publique commence à rendre ça possible un jour par semaine. Si ça se généralise, on consommera moins de pétrole, mais on fera aussi des économies sur les infrastructures, et les ménages n'auront que rarement besoin d'un véhicule personnel.

Pour la nourriture ce sera probablement plus brutal, ce qui vient de loin va coûter cher surtout si c'est lourd ou encombrant, et il faudra du temps pour qu'une production locale remplisse le vide, avec l'aide des biotechnologies. Profitons de nos pastèques bon marché tant que c'est encore possible. Il ne serait pas étonnant que les pelouses disparaissent pour redevenir des potagers, qui seront à nouveau rentables. Dépenser de l'énergie et de l'eau pour faire pousser de l'herbe est absurde.

Globalement, je reste optimiste, c'est un changement, mais pas forcément mauvais.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Le Rat Musqué » sam. avr. 06, 2019 4:10 pm

SETI a écrit :
sam. avr. 06, 2019 1:44 pm
On s'adaptera comme l'homme c'est toujours adapté
Bonjour SETI,
Nul doute, que l'on s'adaptera comme on l'a toujours fait. Je n'ai jamais pensé (ni affirmé) qu'il en sera autrement.
Mais qui est ce "on" dont vous parlez ? Vous êtes-vous demandé si vous en ferez partie ? Et si c'est important pour vous ?
Personnellement, je souhaite que ça soit mon cas. (Désolé, je pense d'abord à moi avant les autres.)
Je repose donc ma question (puisqu'elle a été habilement évitée grâce à un "on" impersonnel) :
Pensez-vous vous (SETI) préparer individuellement à cela ? Pensez-vous (SETI) que vous le devez ? Si oui, comment, de quelle manière ?

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par soliris » sam. avr. 06, 2019 4:18 pm

Le Rat Musqué a écrit :
sam. avr. 06, 2019 1:26 pm

Alors, que faire. Peut-on se préparer individuellement à cela ? Le doit-on ? Comment, de quelle manière ?
Y avez-vous seulement réfléchi ?
Avez-vous des réponses ?

Nul doute que nos priorités seront la nourriture et la sécurité car le reste, on peut s'en passer.
Mais là, j'ai beau y réfléchir depuis de longs mois, je ne sais qu'en penser.
Nous allons TE préparer individuellement pour la pénurie énergétique, Le Rat Musqué. Et nous y réfléchirons de longs mois, constatant tes réactions, étudiant tes émotions, lisant ton dialogue intérieur.
Tel que tu auras cru nous observer, c'est toi que l'on verra se débattre dans la longue nuit de ton inconfort, dans l'humidité de ton abri, dans ton immobilité forcée par l'absence de gasoil, de fuel, d'essence.

Et nous, comme nous remercions déjà les Gilets Jaunes de nous avoir préservé des coupures d'électricité pourtant promises en Belgique pour cet hiver, nous nous remercierons nous-mêmes de notre grand sens stratégique de la Prévision, et surtout de la Détection et Auto-préservation des séides du Nouvel Ordre Mondial, dont tu fais partie, mon Fils ! .

Amen
Un seul être joue à être plusieurs.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Le Rat Musqué » sam. avr. 06, 2019 4:33 pm

ben a écrit :
sam. avr. 06, 2019 3:01 pm
Je pense qu'avant que ça ne fasse trop mal, nous allons optimiser notre consommation d'énergie. Le télétravail permet d'éliminer les deux déplacements quotidiens d'un grand nombre de personnes, ici la fonction publique commence à rendre ça possible un jour par semaine. Si ça se généralise, on consommera moins de pétrole, mais on fera aussi des économies sur les infrastructures, et les ménages n'auront que rarement besoin d'un véhicule personnel.
Bonjour Ben,

Vous voulez dire que pensez que quand il y aura une rupture du flux, nous aurons encore suffisamment de temps et d'énergie pour transformer notre économie ? J'espère que vous avez raison. Mais j'avoue que ça me paraît très optimiste.

"Pour la nourriture ce sera probablement plus brutal, ce qui vient de loin va coûter cher surtout si c'est lourd ou encombrant, et il faudra du temps pour qu'une production locale remplisse le vide, avec l'aide des biotechnologies. Profitons de nos pastèques bon marché tant que c'est encore possible. Il ne serait pas étonnant que les pelouses disparaissent pour redevenir des potagers, qui seront à nouveau rentables. Dépenser de l'énergie et de l'eau pour faire pousser de l'herbe est absurde."

Surtout qu'il faut encore dépenser de l'énergie pour la tondre !
Quand vous dites "nos" pelouses, qui est ce "nos" et de quelles pelouses s'agit-il ? Vous considérez-vous partie intégrante de ce "nos" ?
Je doute que les pelouses de n'importe quelle grande ville de France nous permettent de nourrir les citadins qui y habitent.

"Globalement, je reste optimiste, c'est un changement, mais pas forcément mauvais."

Mauvais ? Je ne vois pas ce que vous voulez dire.
Donc, globalement, vous pensez que les 7,5 milliards d'humains vont continuer leur train-train quotidien. (Merci de me corriger si je me trompe.)
Modifié en dernier par Le Rat Musqué le sam. avr. 06, 2019 4:38 pm, modifié 1 fois.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Le Rat Musqué » sam. avr. 06, 2019 4:37 pm

soliris a écrit :
sam. avr. 06, 2019 4:18 pm
Le Rat Musqué a écrit :
sam. avr. 06, 2019 1:26 pm

Alors, que faire. Peut-on se préparer individuellement à cela ? Le doit-on ? Comment, de quelle manière ?
Y avez-vous seulement réfléchi ?
Avez-vous des réponses ?

Nul doute que nos priorités seront la nourriture et la sécurité car le reste, on peut s'en passer.
Mais là, j'ai beau y réfléchir depuis de longs mois, je ne sais qu'en penser.
Nous allons TE préparer individuellement pour la pénurie énergétique, Le Rat Musqué.
Bonjour Soliris,
Ah, merci beaucoup ! Enfin quelqu'un qui s'occupe de moi.
Je vous rappelle que votre bière est en train de tiédir, alors ne perdez pas de temps.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Guglielmo » sam. avr. 06, 2019 5:02 pm

"Nul doute, que l'on s'adaptera comme on l'a toujours fait."

Soit.
Mais l'histoire du monde nous montre qu'en cas de changement brutal, l'adaptation dont vous parlez concerne uniquement les survivants.

Je me demande si ce Monsieur que j'ai vu acheter la semaine dernière au marché, du raisin chilien, pourra se passer de ce produit indispensable.

Il est à craindre qu'au lieu de procéder à une décrue raisonnée de la consommation, on ne nous impose un coup de rabot, tout le monde devant baisser de, disons 10% son niveau de vie. Alors que bien évidemment, les plus gros consommateurs doivent descendre beaucoup plus vite que les petits.
Mais au contraire, quelque chose me dit qu'on demandera aux petits les plus gros efforts.

Une chose est sûre : si les carburants devaient bientôt renchérir sensiblement et de façon naturelle par raréfaction, les populations qui mettent actuellement des gilets jaunes et qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, ne pourront plus le faire. On verra alors des choses bien moins folkloriques que ce qu'on a vu cet hiver tous les samedis, des vitrines par ci, un péage par là. Non, autre chose, et pas seulement en France. Toute l'Europe risque d'être touchée.
L'Europe, dépendante énergétiquement pour ses déplacements, et friande de kilomètres annuels parcourus, est la partie la plus vulnérable du monde sur ce plan.
Pour l'instant mon seul luxe c'est les vacances en Espagne. On va changer ça, et se limiter au sud Essonne, il y a de jolis coins.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par SETI » sam. avr. 06, 2019 6:40 pm

ben a écrit :
sam. avr. 06, 2019 3:01 pm
Je pense qu'avant que ça ne fasse trop mal, nous allons optimiser notre consommation d'énergie. Le télétravail permet d'éliminer les deux déplacements quotidiens d'un grand nombre de personnes, ici la fonction publique commence à rendre ça possible un jour par semaine. Si ça se généralise, on consommera moins de pétrole, mais on fera aussi des économies sur les infrastructures, et les ménages n'auront que rarement besoin d'un véhicule personnel.

Pour la nourriture ce sera probablement plus brutal, ce qui vient de loin va coûter cher surtout si c'est lourd ou encombrant, et il faudra du temps pour qu'une production locale remplisse le vide, avec l'aide des biotechnologies. Profitons de nos pastèques bon marché tant que c'est encore possible. Il ne serait pas étonnant que les pelouses disparaissent pour redevenir des potagers, qui seront à nouveau rentables. Dépenser de l'énergie et de l'eau pour faire pousser de l'herbe est absurde.

Globalement, je reste optimiste, c'est un changement, mais pas forcément mauvais.
Le télétravail permet 1) à ce que l'employeur n'ait pas de frais d'immobilier, électricité, etc...
2) comme la mule est trop chargée elle bosse sans compter nuits et jours gratuitement ! Sans faire la part de sa vie privée !

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par ben » sam. avr. 06, 2019 8:03 pm

SETI a écrit :
sam. avr. 06, 2019 6:40 pm
Le télétravail permet 1) à ce que l'employeur n'ait pas de frais d'immobilier, électricité, etc...
2) comme la mule est trop chargée elle bosse sans compter nuits et jours gratuitement ! Sans faire la part de sa vie privée !
D'accord pour le 1. Pour le 2 ce n'est pas ce que j'observe. Ici ce sont d'ailleurs les syndicats qui le demandent, et l'employeur qui traine les pieds. Quand ça t'enlève deux heures par jour dans les transports en commun, le fait de devoir payer l'électricité est un moindre mal. Pour ce qui est des horaires de travail, rien ne change.
Le Rat Musqué a écrit :
sam. avr. 06, 2019 4:33 pm
Vous voulez dire que pensez que quand il y aura une rupture du flux, nous aurons encore suffisamment de temps et d'énergie pour transformer notre économie ? J'espère que vous avez raison. Mais j'avoue que ça me paraît très optimiste.
Comme je l'expliquais, la transformation a déjà commencé. Pour ce qui est de savoir si ce sera assez rapide et profond, je n'en ai aucune idée.
Surtout qu'il faut encore dépenser de l'énergie pour la tondre !
Quand vous dites "nos" pelouses, qui est ce "nos" et de quelles pelouses s'agit-il ?
Celles qu'on trouve autour des maisons, il n'est que rarement rentable d'y faire pousser quelque chose vu que les légumes sont vendus à des pris dérisoires qui ne tiennent pas compte du transport, mais ça pourrait changer. Pour les villes, il y a des initiatives pour récupérer les espaces verts et transformer ce qui est décoratif en quelque chose de productif (arbres fruitiers, etc) Le potentiel n'est pas énorme, mais si les choses vont mal ce sera toujours ça de pris.

Du point de vue de l'alimentation globale, je ne suis pas trop inquiet. Je pense que le paradigme des surfaces cultivables va tomber, ces surfaces vont servir à produire de l'énergie. La photosynthèse est très peu productive, on tirerait davantage d'une surface de panneaux solaires ou d'une centrale nucléaire. L'énergie sera ensuite employée à faire pousser de la nourriture dans des structures verticales sous lumière artificielle, ce qui est un bien meilleur emploi de la surface. Plus besoin de pesticides (atmosphère contrôlée), ni d'irrigation (l'eau est en circuit fermé, on ne perd que ce qui sort sous forme de nourriture), luminosité optimisée pour une productivité maximale - fini les mauvaises années où l'on perd toute la récolte, possibilité de faire pousser des légumes/fruits tropicaux, etc. La technologie existe déjà, mais il faudra l'améliorer et diversifier les espèces cultivées. Ce sera une méchante baffe pour les pays qui sont centrés sur l'exportation agricole. Un transport plus cher signifie un recul de la mondialisation et un retour à la production de proximité.

La consommation de viande sera probablement limitée aux plus riches, éventuellement au profit de la viande artificielle si celle-ci est de qualité suffisante. Elle est actuellement beaucoup trop énergivore et cultiver des céréales pour les donner aux animaux n'est vraiment pas optimal.
Donc, globalement, vous pensez que les 7,5 milliards d'humains vont continuer leur train-train quotidien. (Merci de me corriger si je me trompe.)
Je pense que les pays du tiers monde et les autres vont se rejoindre avec un niveau de vie intermédiaire entre les extrêmes que nous voyons actuellement. Il y aura peut-être moins de guerres et de génocides que durant le siècle dernier (parce qu'il y en a eu beaucoup, l'air de rien), car s'il est vrai que l'occident en prend pour son grade, le reste du monde a plutôt été vers le mieux (en moyenne). On va devoir s'habituer à ne plus être le centre du monde, et à aller au supermarché à vélo. C'est faisable.

Globalement c'est ce que je vois pour les 20-40 prochaines années. Il est cependant très possible que je me plante totalement! :lol:

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Guglielmo » dim. avr. 07, 2019 9:38 am

Le scénario de ben est celui d'une décroissance raisonnée, en effet très optimiste voire idéaliste dans la mesure où il évacue la psychologie.
Certains individus, certains groupes et même certains peuples ne se résoudront jamais à la décroissance dont il parle et qui pourrait en effet, objectivement et sans cet écueil, converger vers un niveau de vie moyen mondial.
Il y aura alors deux sortes d'humains : ceux qui acceptent de changer et ceux qui refusent. Concrètement, cela se traduira par des actions de rapine des seconds envers les premiers. Cela est excellement traduit dans le roman Malevil de Robert Merle.
Je ne pense pas que la rapacité qui s'exerce déjà si fortement en temps de paix et d'abondance relative, s'éteigne par magie en cas de pénurie.

Dans le détail, même si je suis assez séduit par le scénario des cultures verticales, je redoute pour elles un appauvrissement final en nutriments. Nous savons que la culture intensive a rendu les fruits et légumes insipides (c'est pas le pire) et presque dépourvus de vitamines et de sels minéraux. On risque donc de se remplir le ventre sans se nourrir, telles les antilopes qui mangent des acacias produisant des tanins qui les rendent indigestes.
C'est l'affaire d'une génération puisque les bébés nés dans un monde nouveau n'auront pour regretter l'ancien que les paroles des vieux et les images des livres. Mais pour ceux qui feront la transition, il risque de faire un peu froid, un peu faim, un peu tartignolle (impossible d'imaginer qu'un monde pauvre en énergie continue de produire des loisirs aussi roboratifs qu'aujourd'hui), un peu dangereux et un peu raccourci en espérance de vie.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Le Rat Musqué » dim. avr. 07, 2019 10:28 am

Guglielmo a écrit :
dim. avr. 07, 2019 9:38 am
Le scénario de ben est celui d'une décroissance raisonnée, en effet très optimiste voire idéaliste dans la mesure où il évacue la psychologie.
Certains individus, certains groupes et même certains peuples ne se résoudront jamais à la décroissance dont il parle et qui pourrait en effet, objectivement et sans cet écueil, converger vers un niveau de vie moyen mondial.
Il y aura alors deux sortes d'humains : ceux qui acceptent de changer et ceux qui refusent. Concrètement, cela se traduira par des actions de rapine des seconds envers les premiers. Cela est excellement traduit dans le roman Malevil de Robert Merle.
Je ne pense pas que la rapacité qui s'exerce déjà si fortement en temps de paix et d'abondance relative, s'éteigne par magie en cas de pénurie.

Dans le détail, même si je suis assez séduit par le scénario des cultures verticales, je redoute pour elles un appauvrissement final en nutriments. Nous savons que la culture intensive a rendu les fruits et légumes insipides (c'est pas le pire) et presque dépourvus de vitamines et de sels minéraux. On risque donc de se remplir le ventre sans se nourrir, telles les antilopes qui mangent des acacias produisant des tanins qui les rendent indigestes.
C'est l'affaire d'une génération puisque les bébés nés dans un monde nouveau n'auront pour regretter l'ancien que les paroles des vieux et les images des livres. Mais pour ceux qui feront la transition, il risque de faire un peu froid, un peu faim, un peu tartignolle (impossible d'imaginer qu'un monde pauvre en énergie continue de produire des loisirs aussi roboratifs qu'aujourd'hui), un peu dangereux et un peu raccourci en espérance de vie.
Bonjour Guglielmo,

C'est aussi mon avis, un avis pessimiste. Pourtant, il est intéressant d'avoir les deux en perspective pour éviter de tourner en bourrique.
J'ajouterais à votre exposé deux faits : la culture verticale nécessite un apport d'engrais azoté, donc de gaz naturel (j'évite ici de parler des émissions de Co2). On touche du doigt à nouveau le problème de la limitation et de l'acheminement des ressources. Il implique une vie regroupée, principalement citadine, facile à sécuriser mais extrêmement dépendante de l'énergie nucléaire. Ça soulève plusieurs problèmes. Tout d'abord, dans l'Union européenne, la puissance nucléaire diminuera de 48 % d'ici 2035 (wiki). Et les pays ayant opté pour le tout-nucléaire seront confrontés au pic de l'uranium et à la sécurisation de l'approvisionnement en uranium (extraction et transport).

Sinon, vous avez évité de répondre à la question : comment comptez-vous vous préparer à cette rupture ?
À part aller balader dans les jolis coins du sud de l'Essonne...

SETI a répondu qu'il était confiant, Ben aussi en expliquant pourquoi. Et Soliris... a proposé son aide.
Et vous, donc ?

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par SETI » dim. avr. 07, 2019 10:47 am

Les heures de transport en commun économisés grâce au télétravail, il ne faut pas oublier que très souvent ce sont les employeurs (poussés par les actionnaires) qui ont déplacés leurs entreprises pour mutualiser des services donc se faire encore plus de fric sur le dos des salariés qui dépensent leur temps et leur maigre salaire dans les transports, tout en comptant sur des démissions à cause de ce déplacement et réduire encore la masse salariale. Donc il faut prendre en compte les laissés pour compte et les allocations versées par tous rien que pour grossir le portefeuille des actionnaires qui n'en ont jamais assez.

Transformer les espaces verts en culture, déjà faut s'y connaitre et avoir le temps pour le faire, de plus pendant la seconde guerre mondiale je ne pense pas que les français et les autres pays ravagés par cette guerre aient pu vraiment se nourrir avec les quelques cultures qu'ils ont pu faire ?

Dans certaines villes et même dans des terrains d'entreprises la mode est de transformer les jolies pelouses et le tour des arbres en broussailles ceci afin de favoriser les insectes et les oiseaux, c'est bien mais c'est surtout pour économiser les frais d'entretien en fait.

Les campagnes dans certains pays que je traverse se couvrent de panneaux photovoltaïques, ceci là où on voyait des champs cultivés ou pour faire paitre les vaches, je doute que cela remplace des centrales nucléaire (même une seule!) et la campagne se défigure ! Et ces panneaux iront polluer encore plus la planète après leur remplacement. La plupart de ces kW/h récupérés sont financés par tous et en plus à notre insu.


la transition énergétique en France : https://ufictfnme.fr/transition-energet ... ipitation/

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par Guglielmo » dim. avr. 07, 2019 2:34 pm

" la campagne se défigure !"
Cette campagne est elle-même la défiguration des paysages précédents, pour la plupart forestiers.
La campagne est totalement artificielle et le fait que son apparence soit millénaire ne doit pas nous le faire oublier. Voilà de quoi relativiser le fait qu'elle soit défigurée.
Par ailleurs, voilà belle lurette qu'on la défigure, toute artificielle qu'elle soit, avec nos châteaux d'eau aujourd'hui obsolètes, nos silos à grains (ceux du Qubéc m'avaient frappé, tout en métal et brillant au soleil je les trouvais particulièrement laids jusqu'à ce qu'on me dise "chez nous la campagne, c'est ça". Et mon regard a rapidement changé.)
Sans parler des lignes HT et THT, qui défigurent bien plus le paysage que tout le reste.
Evidemment quand on n'a connu dans son enfance ni les éoliennes ni les panneaux solaires, et qu'on s'est habitué aux châteaux d'eau et aux lignes EDF, on peut trouver que la campagne est aujourd'hui défigurée.

" vous avez évité de répondre à la question : comment comptez-vous vous préparer à cette rupture ?"
Je crois que je vais me mettre la tête dans le sable jusqu'à ce que ça arrive.
Je suis même incapable d'en parler aux enfants pour qui j'exerce et qui seront sans doute la première génération à le vivre. Si vraiment la situation se dégrade au point où je crains qu'elle le fasse, continuer à vivre ne servira à rien, je ne me sens pas l'âme de Mad Max. J'ai eu une vie riche et ce que je n'ai pas réussi à faire, il est désormais trop tard pour le faire ; alors sans regrets !
Mais le plus tard possible ! :lol: Chaque jour gagné est un jour gagné.

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Re: Se préparer à la rupture énergétique

Message par ben » dim. avr. 07, 2019 3:24 pm

Guglielmo a écrit :
dim. avr. 07, 2019 9:38 am
Le scénario de ben est celui d'une décroissance raisonnée, en effet très optimiste voire idéaliste dans la mesure où il évacue la psychologie.
Je pense que la psychologie bénéficiera du virtuel. Tu mets ton casque (qui techniquement n'est rien de plus complexe qu'un téléphone) et tu visites l'autre bout du monde, ou mieux encore, la Rome antique, tu y discutes avec des AI et des joueurs réels. Tu apprends a peindre, ou jouer d'un instrument, en bénéficiant des conseils personnalisés des plus grands maitres.

Si dans le monde entier les frigos sont pleins, que toutes les connaissances du monde sont à notre portée, et que le divertissement atteint des sommets inégalés, qui voudra encore se battre ? Le risque principal est une armée de robots dirigés par un malade, cependant j'ai espoir que les robots soient de notre coté, ce sera donc à nous d'arrêter d'élire des malades (je l'admets, de ce coté je suis moins optimiste)
Dans le détail, même si je suis assez séduit par le scénario des cultures verticales, je redoute pour elles un appauvrissement final en nutriments.
Je ne vois pas de raison biologique qui causerait cela. L'appauvrissement en goût des fruits et légumes vient de la sélection d'espèces qui résistent au froid et aux insectes, et se conservent le plus longtemps possible, ainsi que d'une certaine standardisation pour "plaire à tout le monde". L'hydroponie de proximité enlève ces contraintes et permet le contrôle total sur les nutriments et le goût, et permettra facilement de faire des variations pour offrir une plus grande diversité. La plupart des salades et les meilleures tomates sont déjà produites comme ça.
Le Rat Musqué a écrit :
dim. avr. 07, 2019 10:28 am
la culture verticale nécessite un apport d'engrais azoté, donc de gaz naturel
Je ne saisis pas le lien. L'azote est le composant le plus commun dans l'atmosphère, et des bactéries peuvent le fixer. On peut également utiliser les déchets animaux - c'est le principe de l'aquaponie où l'eau d'élevage de poissons sert d'engrais pour la culture. Les besoin d'engrais sont de toutes façons plus faibles que pour l'agriculture traditionnelle, puisque qu'il est utilisé à 100% en circuit fermé, et non perdu via ruissellement et lessivage du sol.

Rien ne disparait, l'engrais devient nutriment dans notre nourriture, et termine dans nos déchets. Avec une meilleure gestion des déchets organiques, on peut les réutiliser et donc éviter de consommer trop d'énergie pour en produire. C'est ce que la planète fait depuis toujours.
SETI a écrit :
dim. avr. 07, 2019 10:47 am
Transformer les espaces verts en culture, déjà faut s'y connaitre et avoir le temps pour le faire, de plus pendant la seconde guerre mondiale je ne pense pas que les français et les autres pays ravagés par cette guerre aient pu vraiment se nourrir avec les quelques cultures qu'ils ont pu faire ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jardin_de_la_victoire

Dans les années 80, ma grand-mère était encore autosuffisante a l'année longue en pommes de terres, carottes et choux, ainsi que pommes et prunes. Une pièce de la maison était dédiée au stockage. Je pense que dans les villages, c'était quelque chose d'assez commun à l'époque.

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